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L’Illusion de la Verticalité : Décryptage de la Hiérarchie Cosmique selon Bernard de Montréal


Il y a quelque chose de fascinant, et peut-être d'un peu désuet, à se replonger dans les archives télévisuelles du Québec des années 70 et 80. On y voit cet homme, Bernard de Montréal, s'exprimer avec une certitude qui semble venir d'ailleurs — ou plutôt, d'un "dedans" si profond qu'il en devient universel. Lors d'une émission mémorable sur le câble (suivie à l'époque par près de la moitié des foyers, nous rappelle l'animateur), il abordait un thème qui fait encore trembler les structures de notre pensée : la hiérarchie cosmique.

Mais attention, ne vous attendez pas à une énumération de chœurs angéliques ou de grades galactiques. Avec Bernard, la hiérarchie n'est pas ce que l'on croit. Ce n'est pas une échelle de pompiers que l'on grimpe pour atteindre le divin, mais plutôt une construction psychologique, une béquille pour un ego qui a peur du vide.


Le Concept de Hiérarchie Cosmique : Une Prison de Formes

L'être humain a ce besoin viscéral de se situer. Nous aimons l'idée qu'il y a "plus petit" et "plus grand" que nous. C'est sécurisant. Si quelqu'un est au-dessus, il peut nous guider (ou nous punir) ; si quelqu'un est en dessous, nous pouvons exercer notre petit pouvoir. Bernard de Montréal brise ce jouet dès les premières minutes : la hiérarchie est un concept humain lié à la révélation.

Qu'est-ce que cela signifie ? Simplement que, par le passé, chaque fois que l'homme a reçu une information de l'invisible, il l'a reçue à travers une forme. Un ange, un être de lumière, une voix tonitruante. Pourquoi ? Parce que notre intelligence, à ce stade de l'évolution, ne pouvait pas supporter le "réel" sans filtre. Nous avons donc créé une structure — une hiérarchie — pour donner un sens à ce qui nous dépasse.

C’est là que réside le premier paradoxe : tant que l'homme est "soumis" à ces formes, il reste en dehors de la véritable intelligence. Il est comme un enfant qui admire l'uniforme du facteur sans jamais lire la lettre qu'il transporte. Pour Bernard, sortir de la hiérarchie, c'est devenir totalement indépendant d'esprit et de matière.


Le Cerveau, ce Décodeur de Lumière en Fin de Course

L'analogie la plus puissante utilisée dans ce transcript est sans doute celle du cerveau comme décodeur. Depuis des millénaires, le cerveau humain sert à décoder la "lumière" (cette force universelle) pour la transformer en information, en pensée, en concept.

Mais voici le "croustillant" de l'affaire : Bernard affirme que dans l'âge qui vient, la lumière va changer de fonction. Elle ne sera plus décodée, elle sera transmise.

Imaginez un poste de radio ancien. Il grésille, il cherche la fréquence, il interprète le signal. C'est l'homme qui pense. L'homme nouveau, lui, devient le signal lui-même. Son cerveau ne sert plus à "réfléchir" (au sens de miroir qui déforme), mais à laisser passer une vibration pure. C'est ce qu'il appelle le passage du plan de l'ego au plan de l'esprit.

Note personnelle : On sent ici une imperfection dans notre langage actuel pour décrire cet état. Bernard parle de "détruire le cerveau" dans sa fonction rationnelle. Ce n'est pas une incitation à l'idiotie, bien au contraire, c'est l'accès à une intelligence qui ne passe plus par le moulinet incessant de la réflexion psychologique.


La Fin des Dieux et des Extraterrestres

Un point qui risque d'intriguer les amateurs d'ufologie et de spiritualité alternative est la manière dont Bernard traite les "êtres venus d'ailleurs". Pour lui, qu'il s'agisse de dieux ou d'extraterrestres, le mécanisme est le même : l'homme projette sa propre petitesse.

Dès que nous rencontrons une force ou une technologie qui nous dépasse, nous en faisons une divinité. Nous créons un rapport hiérarchique. Bernard est catégorique : tant que vous avez des dieux, tant que vous valorisez des personnages (fussent-ils galactiques) au-dessus de votre propre essence, vous n'êtes pas créateur. Vous restez une "créature".

L'évolution réelle consiste à cesser d'être une créature du "Bon Dieu" pour devenir un créateur. Cela demande de tuer les statues, de briser les formes. C'est un processus froid, presque chirurgical. La réalité, nous dit-il, est "totalement froide, sans émotion". Elle n'est pas là pour nous caresser dans le sens du poil spirituel.


La Liberté n'est pas une Comparaison

Nous faisons souvent l'erreur de penser la liberté comme un degré de puissance. "Si je peux faire plus de choses, je suis plus libre." Bernard balaie cette vision comptable. La liberté est un état d'esprit.

Il utilise une métaphore simple : l'oxygène. Tous les hommes ont accès à l'oxygène. Certains en consomment plus, d'autres moins, mais le sentiment de liberté de respirer est absolu pour chacun. Dans le cosmos, il n'y a pas de supériorité ou d'infériorité, il y a seulement des variations dans l'exécution d'un plan universel.

La hiérarchie n'existe que dans l'œil de celui qui compare. Dans le réel, tout est universel. Si vous mangez deux steaks en une minute et moi un seul, vous avez peut-être une plus grande capacité d'absorption, mais vous n'êtes pas "plus libre" que moi. Vous avez juste un meilleur estomac. C’est une leçon d’humilité et de puissance simultanée : nous sommes tous des agents de la lumière, avec des capacités d'exécution différentes, mais une essence identique.


L'Éducation : De la Déformation à l'Individuation

Le dialogue dévie ensuite vers l'éducation, et c'est peut-être là que le texte est le plus subversif. Bernard de Montréal affirme qu'il n'existe pas d'éducation réelle sur Terre. Ce que nous appelons éducation est en fait une moulure. On moule l'individu pour qu'il s'insère dans la société.

Une éducation véritable devrait avoir deux piliers :

  1. Faire comprendre à l'homme ce qu'il est.

  2. Lui faire entrevoir ce qu'il deviendra.

Il cite au passage Rudolf Steiner, l'un des rares à avoir puisé son intelligence éducative "en lui-même" plutôt que dans les formes sociales. Pour Bernard, l'éducation ne doit pas mouler, elle doit définir les contours de la personnalité pour que l'esprit puisse s'y manifester. Aujourd'hui, nous produisons des copies ; l'homme de demain devra être un original absolu.


Pourquoi est-ce si difficile à vivre ?

Si la réalité est si simple (cesser de penser pour savoir), pourquoi souffrons-nous autant ? Bernard explique que la rencontre entre le monde de l'esprit (vaste, infini, froid) et le monde de l'ego (animal, restreint, émotif) crée un "choc vibratoire".

C'est une période pénible. On perd ses appuis. On perd la mémoire (au sens de l'attachement aux souvenirs qui nous définissent). On a l'impression de devenir fou parce que les béquilles psychologiques s'effondrent. Mais c'est le prix de la souveraineté.

L'homme doit mourir à sa forme actuelle pour naître à sa réalité vibratoire. C'est ce qu'il appelle "tuer toutes les statues". C'est un combat entre la forme et l'informe.


En Conclusion : Vers une Autonomie Cosmique

Le message de Bernard de Montréal, bien que complexe et parfois déroutant par sa structure non linéaire, est un appel à l'autonomie radicale. La hiérarchie cosmique n'est qu'une "ancienne mémoire" dont nous n'aurons plus besoin lorsque nous serons directement branchés sur la lumière.

Il ne s'agit pas de croire en Bernard, ni de croire en Dieu, ni de croire aux extraterrestres. Il s'agit de ne plus croire, mais de savoir. Et ce savoir ne se trouve pas dans les mots, car "tous les mots sont des prisons". Le savoir est une résonance.

Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez petit face à l'immensité du cosmos ou face à des structures de pouvoir qui semblent vous écraser, souvenez-vous de cette idée : la hiérarchie est une illusion d'optique de l'ego. Dans le réel, vous êtes un agent libre, une parcelle de lumière qui n'a besoin d'aucune permission pour être.



Note pour les explorateurs de la conscience

Cet article se base sur une interprétation des enseignements de la psychologie supramentale. Il ne vise pas à établir une vérité dogmatique, mais à ouvrir des pistes de réflexion sur la nature de l'intelligence et de la souveraineté individuelle. Pour ceux qui souhaitent approfondir, les œuvres de Bernard de Montréal restent une porte d'entrée exigeante mais transformatrice vers les mystères de l'esprit.


Mots-clés : Bernard de Montréal, Hiérarchie Cosmique, Psychologie Supramentale, Évolution de la conscience, Intelligence universelle, Ego et Esprit, Lumière vibratoire, Rudolf Steiner, Souveraineté individuelle.

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